Tour des Annapurnas : journal de bord – 1ère partie

Nous sommes de retour sur FullDetenteMorning après deux semaines de trek autour du massif des Annapurna. J’ai tenu un petit journal pendant l’aventure dont je reprends les écrits (très bons) ici.

Jour 1 : Katmandou – Ngadi

Réveil à 5h30. On réveille sans le vouloir le gérant de l’hôtel qui nous fait payer la chambre (ha oui tiens c’est vrai). Une multitude de taxis attend au bout du quartier Thamel. On ne sera pas les seuls à aller au terminal de bus apparemment. C’est un peu le bordel mais notre chauffeur nous dépose juste devant notre bus. Et celui-ci part à l’heure ce qui apparemment n’a rien d’évident. Nous disons « au revoir » à la ville (et aux amortisseurs) avant d’expérimenter les routes népalaises.

Comme attendu, nous mettons 6h pour faire 160km…mais la route est asphaltée ce qui est déjà pas mal. Nous voyageons avec des népalais, des américains, des espagnols et un belge (un flamant qui nous a trompés avec ses vêtements Quechua. On pensait qu’il parlait français). Nous arrivons à Besisahar vers 12h30 et nous trouvons un endroit pour manger.

Nous voulions commencé le trek ici. Mais tous ceux qui nous ont accompagnés depuis Katmandou disent vouloir prendre une jeep pour s’avancer. Ne nous sentant pas trop de commencer le trek seuls, on se décide à nous avancer en jeep jusqu’à Ngadi avec notre nouveau copain flamant. Un couple de français se joint à nous dans la Jeep (mais eux continuent plus loin encore). Ils nous ont l’air un peu bizarre et cela sera confirmé lorsque le mec dira « c’est un vrai safari » en voyant les népalais sur le bord de la route…La réincarnation de Gandhi attendra. La jeep s’arrête à Ngadi juste devant un hôtel géré par les parents du mec qui nous a conduit jusqu’ici. Ho bah ça alors quel heureux hasard !!

Après pour moins d’un euro on va pas faire les difficiles. L’endroit est de plus très sympa et on profite d’être dehors avec un petit thé. Le propriétaire vient nous parler et nous discutons avec lui pendant une heure. Un super moment.

Demain le trek commence. Adieu les jeeps et place à la randonné.

Jour 2 : Ngadi – Chamje

Levé 6h37 (en trek on est précis !!) pour un petit déjeuner à 7h. Excellent soit dit en passant. C’est la journée des surprises. La première, une poignée du trépied est manquante le rendant inutilisable. Je suis trop deg… Me dire que je vais le porter pendant 15j pour rien me donne envie de le jeter dans la rivière. Mais enfin tanpis faut relativiser. Il y a des choses bien plus graves qui arrivent. Non je déconne je suis au fond du sac !!

On décolle à 8h en se disant qu’on est pressé de voir nos premiers sommets enneigés de l’Himalaya. Et bien, 2ème surprise de la journée, ça arrive au bout de 10 mètres. Ça fait quelque chose. Ces sommets se cacheront vite pour ne plus jamais ressortir de la journée mais quand même on a hâte d’en voir plus !

Le parcours est cependant magnifique et parsemé de rizières et de cascades. C’est le premier jour et déjà on en prend plein les yeux. Sur le chemin, nous disons « bye bye » à notre ami flamant qui rencontre deux compatriotes belges. Notre virée solo ne dure cependant pas longtemps car nous tombons vite sur Sylvie qui, elle, n’a aucune date de retour. Sa vie est faite de voyages et de volontariat aux quatre coins du monde. Les 2 jeunes filles qui l’accompagnent partagent le même mode de vie. Ça fait rêver mais nous savons, surtout depuis ce voyage, que ce type de vie n’est pas fait pour nous.

Nous sympathisons ensuite avec deux jeunes français qui viennent de finir leurs études et sont en voyage pour 15 mois. Finalement nous on s’est juste pris un gros week end à côté de tout ce beau monde. Le Népal est leur premier pays. Pour eux, l’aventure commence. Nous ne le savons pas encore, mais Louise et Clément (oui ils ont des prénoms) nous accompagneront jusqu’à la fin du trek.

Nous arrivons à Chamje à 14h après 6h de marche et 20km. On passe une bonne partie de l’après-midi à boire du thé et le soir nous mangeons avec les jeunes et nous faisons tranquillement connaissance.

PS : Oui nous faisons tenir notre chargeur avec un bâton de rando

Jour 3 : Chamje – Timang

On se lève de plus en plus tôt. 6h aujourd’hui pour un petit déj à 6h30 et un départ à 7h. On dort vraiment bien dans les villages présents sur le parcours. Les lodges sont super et on mange comme des princes.

Aujourd’hui on en chie dès le début ! Ça monte, ça monte et ça monte encore. On n’arrête pas de se croiser avec Louise et Clément selon les pauses de chacun. Sylvie et ses acolytes, Elodie et Amy, nous dépassent comme d’habitude. Le parcours est magnifique ce qui nous fait un peu oublier les difficultés. On aperçoit de plus en plus les sommets enneigés et franchement on ne s’y fait pas. C’est merveilleux. Au bout d’un moment, tous les 4, avec Louise et Clément, nous trouvons notre second souffle. Plus que 5km jusqu’à Timang. GO!!! Eboulement sur le sentier….gros STOP puissance 10 ! 1 heure à attendre que le terrain soit dégagé. Les népalais chargés de remettre la route en état sont impressionnants. Quelle efficacité ! Et tout est fait évidemment avec les moyens du bord.

Il faut maintenant repartir et c’est très dur. Malgré le fait que les paysages s’embellissent autour de nous, la fatigue prend le dessus et les deux derniers kilomètres sont interminables. Ma petite mangue séchée que je gardais pour les coups vraiment durs y passe complètement.

Finalement, après 7h de marche et 1400 mètre de dénivelé, nous arrivons à Timang vers 15h. On trouve un hôtel parfait avec eau chaude et Wifi. Les paysages d’ici sont somptueux, nous sommes encerclés par les montagnes. C’est le moment de sortir l’appareil photo (qu’on ne sort pas beaucoup quand on marche).

Voili voilou, un repos bien mérité nous attend. En revanche, on commence à se peler. Les écharpes, bonnets et doudounes sont de sortie. Et on est qu’à 2600 mètres.

Qu’est ce que ça va être quasiment 3000 mètres plus haut?!

Jour 4 : Timang – Upper Pisang

Levé 6h et départ 7h. Toujours le même rythme. Mais vu qu’on se couche entre 20h et 21h ça fait une bonne nuit quand même. Nos sacs de couchage -20°C loués à Katmandou ont fait leurs preuves cette nuit. On avait limite trop chaud. Mais bon c’est rassurant pour la suite.

La journée d’aujourd’hui se fait en deux étapes. On atteint d’abord le village de Chame (endroit où commence une bonne partie des trekkeurs) avec Clément et Louise après 8km, 2h de marche et très peu de dénivelé. On en profite pour manger un bout contrairement à hier où on n’était pas loin de l’hypo. Cette pause d’une petite heure nous fait du bien et nous repartons.

Cette fois ça y est. Les sommets de plus de 7000m ou plus se dressent devant nous. Ces hauteurs majestueuses se méritent, mais putain que ça vaut le coup !

La dernière partie de notre étape monte pas mal mais, heureusement, nous sommes plus en forme qu’hier (même si les mollets et les épaules grincent pas mal). Nous arrivons à Upper Pisang à 14h40 après une journée de 6h30 et 22km de marche.

Nous retrouvons les deux jeunes (qui nous avaient semés les filous) par hasard dans un hôtel qui a l’air parfait. Cerise sur le gâteau, nous avons une vue magnifique sur les sommets.

Un beauf

Magique.

Rubrique « ce qui est bien en rando, c’est que tout le monde est sympa.«  : 5h30 ce matin, les Anglais de la chambre d’à côté se réveillent. Jusque là, aucun soucis ma bonne dame ! Le problème est qu’ils font apparemment partis de la race des « Jenecépachuchoté » et les murs faisant l’épaisseur d’un somalien faisant un jeûne intermittent, forcément on les entend. Et c’est quand Elo tape sur le mur pour leur faire comprendre qu’ils abusent un chouille qu’on entend un « Fuck You Frenchie« . Non vraiment des gens charmant !! Cet homme regrettera dans quelques jours d’avoir croisé notre route…j’en dit pas plus.

Jour 5 : Upper Pisang – Brakha

Petite journée aujourd’hui. Limite repos

13km et à peine 300m de dénivelé nous séparent de Brakha, notre arrêt du jour. Les matins sont de plus en plus froid et, lorsque nous décollons ce matin avec Clément et Louise, notre premier réflexe est de foncer vers le soleil pour nous réchauffer.

La journée ne s’annonce pas si simple finalement car nous avons tous les 4 le bide en vrac. L’heure est venue de trouver le coupable…..probablement la pizza que Louise nous a fait goûter hier soir.

Ce sera le seul bémol de la journée car les paysages sont plus beaux chaque jour qui passe. Après l’Annapurna II d’hier et ses 7937m, c’est l’Annapurna III (7555m) qui nous accompagne aujourd’hui. Nous marchons dans une vallée aride aux roches érodées qui rappelle le sud de la Bolivie avec les montagnes de plus de 7000m en toile de fond. Le spectacle est saisissant et comme on a le temps, nous prenons pas mal de photos.

Nous arrivons à Brakha à 12h et avec Elo on se fait plaisir en prenant une chambre avec salle de bain privée et un lit double. Le grand luxe !! Le tout pour même pas 6 euros. Nous avons toute l’après-midi pour nous reposer, lire et peut être jouer aux cartes avec les 2 jeunes (qui ne savent pas jouer à la belote…Spoiler Alert : ça va changer).

Demain, une grosse journée nous attend.

Jour 6 : Brakha – Iced Lake – Manang

Quel bonheur de laisser la majorité de ses affaires à l’hôtel ce matin !

Aujourd’hui, pour nous acclimater à l’altitude, nous faisons l’ascension vers le célèbre Iced Lake, à 4600 m d’altitude. 13 km aller-retour et 1200m de dénivelé positif. De quoi nous préparer au passage du col de Thorong La à 5416m, point culminant du trek, dans quelques jours.

Nous avançons à un rythme assez lent (forcément à cette altitude) mais constant sous un soleil de plomb. Plus nous montons, plus le massif des Annapurnas se dévoile, cette fois-ci, dans sa quasi globalité. Le spectacle qui s’offre à nous est indescriptible et le fait de ne pas avoir les gros sacs nous permet de prendre pas mal de photos. Les choses sérieuses commencent.

Nous arrivons en haut en 3h et nous nous posons un peu. Les jeunes nous rejoignent 10 minutes plus tard et c’est parti pour une séance photo supplémentaire.

Malheureusement, un mal de tête grandissant de mon côté nous oblige à ne pas nous éterniser en haut. Dommage. On y serait bien resté toute la journée. Nous avons quand même monté plus de 1000m en peu de temps donc on ne préfère pas prendre de risque et redescendre. C’est d’ailleurs pendant les deux heures de descente qu’on se rend compte qu’on avait bien monté. Cette fois, c’est Elo la photographe.

De retour à Brakha, nous reprenons nos affaires et buvons un jus de fruit là où on a dormi cette nuit en attendant nos deux comparses qui sont restés plus longtemps au lac. Nous pensions les attendre une bonne heure, ils arrivent à peine 10 minutes après nous. Les machines. Il est donc temps de rejoindre Manang, la mégapole du coin avec ses 630 habitants, à 2km de Brakha.

On fait encore les fous avec Elodie avec une chambre avec salle de bain privée pour 3,50 euros. Demain, une journée repos nous attend. L’occasion de recharger les batteries, faire quelques courses et commencer à prendre du recul sur l’aventure extraordinaire que nous vivons…

Du coup ce soir on joue aux cartes tous les 4 (je reste fidèle à mes standards en arrivant dernier 3 parties sur 3) dans la chaleur du poêle de la Dining Room de notre hôtel.

18 commentaires sur “Tour des Annapurnas : journal de bord – 1ère partie

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      1. Disons qu’au bout de 15j on est content d’arriver car, surtout pour moi, la fatigue commence à se faire sentir. Et oui nous l’avons fait sans guide franchement c’est tres facile et plutot bien balisé. Avec l’appli Maps.me ça passe tout seul ^^ c’est quoi le trek du Salkantay?

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  1. Oh ptain, ça fait du bien de pouvoir vous lire à nouveau!!!…
    (par contre, à table, j’ai récemment déclaré de façon péremptoire à Françoise T. que l’Annapurna se trouvait en Amérique du Sud…(je savais même pas que y’en avait plusieurs par ailleurs)… Est-ce que l’on peut faire en sorte de modifier le blog afin de remplacer « Annapurna » par un autre nom svp pour pas que je sois obligé de lui présenter des excuses publiques lorsqu’elle va lire votre récit 🙂 … »Siula Grande » par exemple serait pas mal…. Bonne route et merci encore de nous faire partager tout cela. petit pouce en l’air.

    Aimé par 1 personne

    1. Je pense que t’as chié dans le colle sur ce coup-ci mon bon Eric!
      Tu pensais qu’en lisant « la mort suspendue » tu deviendrais spécialiste de la Cordilliere des Andes?! 😉
      Tu vas devoir faire tes escuses je pense… Tenez le coup encore quelques mois et je reviens mettre un peu d’ambiance!

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